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L’activité diagnostique du pôle EVAAS, une expertise au service de la recherche et de la formation : Bilan de l’année 2025

Avec l’achèvement de l’année 2025, cela fait 3 ans que la salle d’autopsie de biosécurité de niveau 3 (BSL3) de VetAgro Sup, gérée par le pôle EVAAS, est ouverte. L’occasion de faire un tour d’horizon de l’activité diagnostique du pôle faune sauvage de VetAgro Sup au cours de ces douze derniers mois.

Les locaux de la salle BSL3 viennent compléter les équipements de pathologie animale existants sur le campus vétérinaire de VetAgro Sup (composés notamment de la salle d’autopsie pédagogique – BSL2, et des laboratoires vétérinaires présents sur le campus). Conçue pour pouvoir manipuler dans des conditions de biosécurité optimales des agents pathogènes potentiellement transmissibles aux humains, la salle d’autopsie BSL3 permet d’enrichir les moyens de l’établissement, particulièrement concernant l’expertise nécropsique de la faune sauvage, mais aussi de tout autre animal susceptible d’être porteur d’un agent pathogène transmissible aux humains. L’objectif de ces examens nécropsiques sur la faune sauvage est de répondre à un besoin croissant de diagnostic vétérinaire dans le cadre de la surveillance sanitaire, d’améliorer les connaissances sur les maladies des animaux sauvages en vue de la prise en charge d’individus malades ou blessés en centres de soins ou encore de procédures judiciaires impliquant des espèces protégées (suspicion de maltraitance ou de destruction illégale). Par ailleurs, ces examens nécropsiques participent à la formation des étudiants vétérinaires et contribuent à des travaux de recherche.

Une expertise en plein essor

En 2025, 96 animaux ont été pris en charge pour une expertise par l’équipe du pôle EVAAS, afin de déterminer la/les cause(s) de la mort et de détecter la présence ou non de certains agents pathogènes. Les deux tiers de ces animaux ont été autopsiés en salle BSL3, et l’autre tiers dans d’autres locaux (principalement en salle d’autopsie pédagogique du campus vétérinaire, mais aussi en parc zoologique). Cela représente une hausse continue de l’activité diagnostique du pôle depuis son lancement.

Plus des deux-tiers de ces animaux ont été apportés via les acteurs départementaux et régionaux du réseau SAGIR (réseau de surveillance des maladies infectieuses chez les vertébrés sauvages terrestres) et SMAC (réseau de surveillance de la mortalité anormale des chiroptères), afin de surveiller les maladies létales et les processus morbides de la faune sauvage de la région. Les parcs zoologiques et les centres de soins régionaux sont les sources de la plupart des autres animaux autopsiés, afin de suivre les causes de mortalité au sein de leurs structures. Enfin, quelques animaux ont été apportés par des particuliers et des organismes de santé publique, dans divers contextes. Une expertise médico-légale, dans le cadre d’une procédure judiciaire, a également été réalisée cette année.

Les animaux pris en charge pour une expertise en 2025 étaient composés aux trois-quarts de mammifères (avec comme espèces les plus représentées les lièvres d’Europe et les chevreuils d’Europe), le reste étant des oiseaux (les tourterelles turques et pies bavardes étant les espèces aviaires les plus autopsiées). 29 de ces autopsies concernaient des espèces protégées en France et à l’étranger. Cette activité de diagnostic et d’expertise des maladies des animaux sauvages a par exemple permis en 2025 de montrer la circulation épizootique locale de maladies virales hémorragiques chez des lièvres et lapins de Garenne, explorer les causes de mortalité anormale de plusieurs populations régionales de chauves-souris, de montrer l’intoxication d’animaux sauvages protégés à des polluants d’origine humaine et d’exclure l’exposition d’humains ayant été en contact avec des animaux sauvages malades, à des maladies zoonotiques dangereuses.

Des locaux et une équipe au service de la recherche scientifique

L’activité de diagnostic et d’expertise des maladies des animaux sauvages du pôle EVAAS permet également le développement de projets de recherche scientifique, via des collaborations avec certains services de VetAgro Sup ou d’unités de recherche extérieures. Des collections de prélèvements de tissus et de parasites sont en cours de constitution, et commencent à être utilisées pour des études sur les agents pathogènes portés par la faune sauvage française. Des communications scientifiques et techniques sur certains cas ont également été rédigées, afin de partager certains travaux et cas cliniques du pôle EVAAS auprès de la communauté vétérinaire et scientifique. La salle d’autopsie BSL3 est aussi mise à la disposition d’étudiants en thèse vétérinaire ou d’université, afin de leur permettre de manipuler des prélèvements d’animaux dans des conditions de biosécurité optimales. C’est ainsi trois étudiantes en thèse vétérinaire et une personne en thèse d’université qui ont pu utiliser les locaux de la salle BSL3 en 2025, pour manipuler plusieurs centaines de prélèvements sur l’année.

Un renforcement conséquent de la formation vétérinaire sur les animaux sauvages

Enfin, le pôle EVAAS développe depuis fin 2023 la formation des étudiants vétérinaires à la biologie, à l’anatomie, à l’autopsie et aux maladies de la faune sauvage, via leur participation à des autopsies diagnostiques ou pédagogiques et par l’organisation de séances de travaux pratiques encadrés. En 2025, ces formations étaient principalement destinées aux étudiants souhaitant approfondir leurs connaissances sur la faune sauvage, et ce sont ainsi plus de 100 animaux sauvages qui ont été autopsiés par les membres du pôle EVAAS en présence de plus de 200 étudiants vétérinaires, contre moins d’une dizaine d’animaux et d’étudiants en 2023. La collaboration entre le pôle EVAAS et le service d’anatomopathologie a permis cette année d’améliorer nettement l’exposition des étudiants à la faune sauvage, et permet depuis un an à VetAgro Sup de valider les standards européens de nécropsies d’animaux non domestiques auprès d’étudiants vétérinaires. Cette formation des étudiants permet de parfaire les connaissances des futurs vétérinaires sortant de VetAgro Sup, afin de mieux les sensibiliser aux réseaux de surveillance sanitaire de la faune sauvage, aux maladies de ces animaux, aux outils à disposition et aux règles de biosécurité à respecter.

 

 

Le bilan 2025 des activités réalisées par le pôle EVAAS témoigne d’un engagement fort en faveur de l’expertise sur la santé de la faune sauvage. Le développement des capacités du pôle EVAAS lui permet de s’intégrer, plus globalement, dans une approche One Health, en tant que pôle de référence interdisciplinaire de la santé de la faune sauvage. La montée en charge de l’activité, la diversité des cas traités et la technicité mobilisée illustrent l’importance stratégique de cette structure dans la détection précoce des risques sanitaires à l’interface entre faune, environnement et santé humaineCette année a été de nouveau très riche pour le pôle EVAAS, que ce soit sur le plan de l’expertise, de la recherche ou de la formation, et nous tenons à remercier tous nos partenaires et collaborateurs, ainsi que la DGAL et l’EquipEx+ InfectioTron pour leur contribution au financement de la salle d’autopsie BSL3.

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